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Tome second.
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44 VE h' ESPRIT.

un désir vif de s’instruire , delir dont tous les homme?Ion t susceptibles, il isen est aucun qui ne se trouvealors doué de la capacité d’attention nécessaire pourse distinguer dans un art. Eneffec,siledesirdu bonheurest commun à tous les hommes, s’il est en eux le sen-timent le plus vif, il est évident que , pour obtenirce bonheur, chacun fera toujours tout ce qu’il est enft puissance de faire : or, tout homme, comme jeviens de le prouver, est capable du degré d’attentionsuffisant pour s'élever aux plus hautes idées. II feradonc usage de cette capacité d’attention, lorsque, parla législation de son pays , son goût particulier ou sonéducation, le bonheur deviendra le prix de cette atten-tion. II sera, je crois, difficile de résister à cette con-clusion , fur - tout si, comme je puis le prouver , iln’est pas même nécessaire, pour se rendre supérieuren un genre, ci'y donner toute l’attemion dont on estcapable.

Pour ne laisser aucun doute sur cette vérité , con-sultons l’expérience ; interrogeons les gens de lettres :ils ont tous éprouvé que ce n’est pas aux plus péniblesefforts d’attention qu’ils doivent les plus beaux versde leurs poèmes, les plus singulières situations de leursromans , & les principes les plus lumineux de leursouvrages philosophiques. Ils avoueront qu’ils les doi-vent à la rencontre heureuse de certains «bjets que lehasard ou met sous leurs yeux > ou présente à leurmémoire , & de la comparaison desquels ont résulté.ces beaux vers, ces situations frappantes & ces grandesidées philosophiques ; idées que l’esprit conçoit tou-