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teurs de l’huiîìanité, qui inventa les fausses religions
6 les superstitions , qui toutes n’ont pas pris leursource dans des passions aulìî nobles que 1 amour &la reconnoi(lance.
C’est donc aux passons fortes qu'on doit l’inven-tion & les merveilles des arts: elles doivent donc êtreregardées comme le germe productif de 1 esprit, &le ressort puissant qui porte les hommes aux grandesactions. Mais avant que de palier outre, je dois íixerl'idée que j'attache à ce mot de pcjjion forte. Si laplupart des hommes parlent fans s'entendre , c’est àl’obscurité des mots qu’il saut s’en prendre ; c’est àcette cause (i) qu’on peur attribuer la prolongationdu miracle opéré à la tour de Label.
(i) Sous le mot rouge , par exemple, si l’on comprenddepuis 1 ! écarlate jusqu’au couleur de chair, supposonsdeux hommes, dont I'tin n’ait jamais vu que de l’écarlate,& l'autre que du couleur de chair : le premier dira , avecraison, que le rouge est une couleur vive; loisque l’aurre,au contraire , soutiendra que c'cst une couleur tendre.Par la même raison , deux hommes peuvent, fans s’en-tendre, prononcer le mot de vouloir, puisque nous n'avonsque ce mot pour exprimer depuis le plus foible degré devolonté jusqu'à cette volonté efficace qui triomphe detous les obstacles. II en est du mot de ga$on comme decelui d ’efrit : il change de signification selon ceux qui leprononcent. Un homme regardé comme médiocre dansune société composée de gens de peu d’esprit, est sûre-ment un sot : il a'en est pas ainsi de celui qui passe pourun homme médiocre parmi les gens du premier ordre; lechoix de fa société prouve fa supériorité sur les hommesordinaires. C’est un rhétoricien médiocre , qui seroit lepremier dans toute autre classe.