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à se venger. Qu J on nc prouve aucun fait contre moidisoit un homme de beaucoup d’esprit ; que d’ailleurson en dise tout le mal qu’on voudra, je n’en serai pasfâché ; U faut bien que chacun s’amuse- Mais íì la phi-losophie pardonne à la malignité, elle n’y doit cepen-dant point applaudir. C’est à des applaudistemens in-discrets qu’on doit ce grand nombre de médians, qui,dans le fond, font quelquefois les meilleurs gens d rimonde. Flattés des éloges prodigués à la malignité,de la réputation d’esprit qu’eìle donne, ils ne laventpas alsez estimer en eux la bonté qui leur est naturelle;ils veulent se rendre redoutables par leurs bons-mots.Ils ont malheureusement assez d’elprit pour y réullir:ils deviennent d’abord médians par air ; ils restentmédians par habitude.
O vous donc qui n'avez pas encore contracté cettefuneste habitude, fermez l’oreille à ces louanges don-nées à des traits latyriques, austì nuisibles à la sociétéqu’ils y lont communs ! Considérez les sources im-pures (i) d ou fort la médisance, iluppelcz-vous qu'in-
(i) L'un médit, pavce qu’ilest ignorant & oisif; l'autre,parce qu’ennuyé, bavard, plein d’humeur, & choquédes moindres défauts > il est habituellement malheureux :c’est à son humeur, plus qu’à son esprit, qu'il doit sesbons mots : Facit indìgnado verfum. Un troisième est néatrabilaire ; il médit des hommes , parce qu’il ne voir eneux que des ennemis : eh ! quelle douleur de vivre perpé-tuellement avec les objets de fa haine ! Celui - ci met del’orgueil à n’être point dupe ; il ne voir dans les hommesque des scélérats ou des flippons déguisés ; il le dit, Sc