D E L' E S P R I T. Z?!
superficielle des choies. L'ignorance & la sottise sepersuadent aisément quelles saveur tout : l’une Scsature sont toujours orgueilleuses. Le grand-hommeseul peut être modeste.
Si je rétrécis 1 empire du génie, Sc montre les bornesdans leíquelles la nature le force à se renfermer, c’estpour faire plus évidemment sentir que l’espcit juste ,déjà sort inférieur au génie, ne peut, comme on sima-gine, porter des jugemens toujours vrais lur les diversobjets du raisonnement. Un tel esprit est impoíîìble.Le propre de l’esprit juste est de tirer des conítquencesexactes des opinions reçues : or , ces opinions fontfauiles pour la plupart , Sc l'esprit juste ne remontejamais julqu’à i’examen de ces opinions : l’esprit justen’est donc, le plus souvent, que sart de raiíonner mé-thodiquement faux. Peut-être cette forte d’eíprit suffitpour faire un bon juge ; mais jamais elle ne fait tagrand-homme. Quiconque en est doué ,n'excelle ordi-nairement en aucun genre, & ne se rend recoin man-dable par aucun talent. II obtient, dira-t-on , souventsestime des gens médiocres. J’en conviens : mais leurestime , en lui failant concevoir une trop haute idéede lui-même, devient pour lui une source d’erreurs ;erreurs auxquelies il est impostible de l’arracher. Carenfin, si le miroir, de tous les coníeillers le conseillerle plus poli & le plus dilcret, n’apprend à personne àquel point il est difforme , qui pourvoi t désahuíer un.homme de la trop haute opinion qu’il a conçue delui-même ; sur tout, lorsque cette opinion est appuyéede sestime de la plupart de ceux qui senvironnent ?