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Tome second.
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DE L’ E S P R I T. 41 1

{'intérêt des couruíaus & l’inrérét général. 11 en est,à cer égard, des ministres comme des gens de lettres.C'est une prétention ridicule de viíer, à la fois, à lagloire & aux pensions. Avant de composer, il fautpresque toujours opter entre l’estime publique celledes courtisans. II faut savoir que, dans la plupart descours , & íur-tont dans celles de l’orient, les nommesy iont, dès l'enfance, emmaiilottés & gènes dans leslanges du préjugé «Sc d’une bienséance arbitraire; quela plupart des esprits y lont noués ; qu’ils ne peuvent5élever a 11 grand; que tout homme qui naît & vithabituellement pics des trônes despotiques, ne peut,à cet égard , échapper à la contagion géniale, 2 c qu’il11’a jamais que de petites idées.

Auíìì le vrai mérite vit-il loin des palais des rois.Il nén approche que dans ces temps malheureux oùles princes font forcés de les appeler. Dans tout autreinstant, le besoin seul pourroit attirer à la cour desgens de mérite ; & , dans cette position , il en est peuqui conservent la même force , la même élévationd ame Le désptit. Le besoin est trop près du crime.

II résulte, de ce que je viens de dire, que c’est exacte-ment demander rimpciïìble , que d’cxiger de grandstalens de ceux qui, pat leur état &: leur position, r.epeuvent être animés de pallions fortes. Dais que cedemandes pareilles ne fait -on pas tous les jours? Oncrie contre la corruption des mœurs ; il faut, dit on,former des hommes vertueux '• & l’on veut, à la fois,que les citoyens soient échauffés de l’amour de la

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