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Tome second.
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420 n E L' E S P R I Tl

mine de plomb? Mais l’envieux iera toujours sourd àde pareils coníeils. Habile a Íaiíìr les moindres défautsdes hommes de génie, combien de fois ne les a-t-ilpas acculés de n'ètre pas, dans leurs manières, auííiagréables que les hommes du monde ? 11 ne veut passe rappeler, comme je l’ai dit d-devant, que, sem-blables à ces animaux qui le ìetirent dans les déíerts,la plupart des gens de génie vivent dans le recueille-ment ; & que c’est dans le íilence de la lolitude queles vérités (e dévoilent à leurs yeux. Or, tout hommedont le gente de vie le jette dans un enchaînementparticulier de circonstances, de qui contemple les ob-jets fous une face nouvelle, ne peut avoir dans l’ef-prit ni les qualités ni les défauts communs aux hommesordinaires. Pourquoi le trançois relsemble-t-il plusau François qu’à 1 Allemand, & beaucoup plus àl’Allemand qu’au Chinois ? C est que ces deux nations,par leducation qu’on leur donne, & la refìemblancedes objets qu’on leur préíente , ont entre elles infini-ment plus de rapport qu’elles n’en ont avec les Chi-nois. Nous sommes uniquement ce que nous ront lesobjets qui nous environnent. Vouloir qu’un homme,qai voit d’autres objets, & mène une vie disterentede la mienne, ait les mêmes idées que moi, c’est exigerles contradictoires ; c’est demander qu’un bâton n’aitpas deux bouts.

Que d injustices de cette espèce ne fait-on pas auxhommes de génie ! Combien de fois ne les a t-on pas«censés de lottiíe, dans le temps même qu’ils failoientpreuve de la plus haute sageíie ? Ce n’est pas que leí