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attention forte & concentrée dans un art ou un»science ; mais à quoi rapporter cette attention ; artgoût vif qu’on fe sent pour cet art ou cette science.Or , ce goût n’est pas un pur don de la nature (a).Naît-on fans idées ; on naît aussi fans goût. On peutdonc les regarder comme des acquisitions (b) dues auxpositions où l’on fe trouve. Le génie est donc le pro-duit éloigné d’évènemens ou de hasards à peu près pa-reils à ceux que j'ai cités (14).
M. Roustèau n’est pas de cet avis. Lui-même ce-pendant est un exemple du pouvoir du hasard.
En entrant dans le monde, la fortune l’attache à lafuite d’un ambastàdeur. Une tracasserie avec ce mi-nistre lui fait abandonner la carrière politique (ij), &suivre celle des arts & des íciences; il a le choix entrel’éloquence & la musique. Egalement propre à réussirdans ces deux arts , fop goût est quelque temps in-certain : un enchaînement particulier de circonstanceslui fait enfin préférer l’éloquence : un enchaînementd une autre eípèce eût pu en faire un musicien. Qui
(a) Si les enfans ont rarement le goût qu’on veut leurinspirer, c’est la faute de leurs instituteurs, & non cellede leur organisation.
(è) La feule disposition qu’en naissant 1’homme apporteà la science , est la faculté de comparer & de combiner.En esset, toutes les opérations de son esprit se réduisentnécessairement à l'observation des rapports que les obiersont entre eux & avec lui. J'examinerai dans la section sui-vante j ce qu’est en nous cette faculté.