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vous a trop long-remps égarés. Rappelez-vous la fableingénieuse de la naissance de Momus. Au momentqu’il vit le jour , dit un grand poète, le dieu enfantremplit l’olympe de ses cris. La cour céleste en futassourdie : pour l’appaifer, chacun lui fit un don. Ju-piter venoit alors de créer l’homme; il en fît présent àMomus, & depuis l’homme fut toujours la poupéede la folie. Or, parmi les poupées de cette espèce, laplus triste, la plus orgueilleuse & la plus ridicule,fut un docteur (a). O poupée théologienne I ne vous
(a) C’étoit autrefois le petit-maître , aujourd’hui c'estle théologien qui fait tout, fans avoir rien appris. L’in-terroge-t-on fur la nature des animaux ; ce font, dit-il,de pures machines. Mais fur quel motif appuie-t-il fa dé-cision? a-1-il, en qualité ou de chasseur, ou d’obfervateur,étudié la nature & les mœurs des animaux ? non, il n’aélevé , ni chien, ni chat, pas même de moineau ; mais ilest docteur , & du moment qu’il en prend le bonnet, ilfe croit, comme l’empereur de la Chine, obligé, parTétiquette de son état, de répondre à tout ce qu’on luiapprend, je le savois. L’on fuppofoit le sage des stoïcienshabile & versé dans tous les arts & toutes les sciences ;c’étoit l’homme universel. lien est de même du théologien,il est poète, géomètre, physicien, horloger, Lee. qu’il aittous ces talens, j’y consens : mais qu’on ne m’oblige pointde lire fes vers & d’acheter ses montres. Me permettroit-ilde lui donner un conseil? ce feroit, avant de parler desanimaux, de consulter les ouvrages de Buffon, & troisou quatre lettres données au Journal étranger par un ob-servateur exact & un bon écrivain. Qu’il s’abstienne d’at-taquer fur ce point mes fentimens. J’ai donné, dit-on*
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