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lá’une armée de terre formidable. Une religion aullìà charge à un érat (36), ne peut être long-temps la re-ligion d’un empire éclairé & policé (57). Un peuple
chapelles j fonds de jardins, trésors de paroisses & deconfrairies, ornemens d’église , argenterie, aumônes 3louages de chaises , baptêmes, offrandes, mariages, en-terremens, services, quêtes, dispenses, honoraires deprédicateurs , missions , Lcc. le sacerdoce ne lève-t il pasfur une nation ?
En dîmes seules le clergé tire des terres cultivées d’unroyaume presqu’autant de produit que tous ses proprié-taires. En France, l’arpent de terre labourable loué six ousept livres, rapporte à-peu-près vingt ou vingt-deux mi-nets de blé à quatre au septier. Le prêtre pour fa dîme enrécolte deux. Le prix de ces deux minots peut être, bon anmal an, évalué à neuf ou dix livres. Le prêtre récolte enfus cinquante bottes de paille estimées 6 livres. Plus ladîme de l’avoine & de fa paille estimées 40 ou 50 fols.Total, 17 livres 10 fous que le prêtre tire en trois ans dumême arpent de terre, dont le propriétaire ne tire que18 ou 21 livres , & fur laquelle somme ce propriétaire estobligé de payer le dixième, d’entretenir sa ferme, desupporter les non-valeurs, les banqueroutes du fermier& les corvées.
D’après ce calcul, qu’on juge de l’immense richesse desprêtres. En réduit-on le nombre à deux cent mille ; leurentretien monteroit encore à 600,000 livres par jour, &par conséquent à deux cent dix millions par an. Or,quelle flotte & quelle armée de terre ne soudoieroit-onpas avec cette somme ? Un gouvernement sage ne peutdonc s’intéresser à la conservation d’une religion si dispen-dieuse & si à charge aux sujets. En Autriche, en Espagne,en Bavière, & peut - être même en France, les prêtres