D m L' H O M M E. 8z
L’espèce d’exercice 5c de chant qui, sur la terre,avoir fait l’occupation des héros & des poètes, tousles goûts enfin qu’ils y avoient contractés , les sur-volent encore dans les enfers. Leur mort n’étoit pro-prement qu’une prolongation de leur vie.
Cette religion donnée , quel devoir être le désir léplus vif, l’intérêt le. plus puissant des païens ? celuide servir leur patrie par leurs talens , leur courage,leur intégrité, leur générosité & leurs vertus. II étoicimportant pour eux de se rendre cher à ceux avec quiils dévoient dans les enfers continuer de vivre aprèsleur mort. Loin d étouffer l’enthousiasme qu’une lc-giílation sage donne pour la vertu & les talens, cettereligion lexcitoit encore. Convaincus de futilité despallions, les anciens législateurs ne se proposoientpoint de les étouffer. Que trouver chez un peuple fansdésir î font - ce des commerçans , des capitaines, dessoldats, des hommes de lettres, des ministres habiles îlion : mais des moines.
Un peuple lans industrie, fans courage , fans ri-chesses , fans science , est l’esclave né de tout voisinassez audacieux pour lui donner des sers. II faut despallions aux hommes ; 5c la religion païenne n’enéteignoit point en eux le feu sacré 5c vivifiant. Peut-être celle des Scandinaves, peu différente de celle desGrecs 5c des Romains , portoit-elle encore plus effi-cacement les hommes à la vertu. La réputation étoitle dieu de ces peuples. C’étoit de ce seul dieu que lescitoyens attendoient leur récompense. Chacun vouS
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