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loit être le fils de la Réputation. Chacun honoroit dâníles Bardes les distributeurs de la gloire Sc les prêtre*du temple de la Renommée (a). Le silence des Bardesétoit redouté des guerriers & des princes même. Lemépris étoit le partage de quiconque n’étoit pas filsde la Réputation. Le langage de la Batterie étoit alorsinconnu aux poètes. Sévères & incorruptibles habi-cans d’un pays libre, ils ne s’étoient point encoreavilis par la bassesse de leurs éloges. Nul d’entre euxn’eût osé célébrer un nom que l’estime publique n’eûtpas déjà consacré. Pour obtenir cette estime, il falloiravoir rendu des services à la patrie. Le désir religieuxSc vif d’une renommée immortelle excitoit donc leshommes à s’illustrer par leurs talens Sc leurs vertus.Que d’avantages une telle religion, plus pure, bail-leurs , que la païenne, ne pourroit-elle pas procurerà une nation !
Mais comment établir cette religion dans une sociétédéjà formée ; on sait quel est rattachement du peuplepour soq culte j pour ses dieux actuels, & son horreurpour un culte nouveau. Quel moyen de changer à cetégard les opinions reçues ?
Ce moyen est peut-être plus facile qu’on ne pense.
(4) L’avantage de cette religion sur les autres est inap-préciable : elle ne récompense que les talens & les actionsutiles à la patrie : & le paradis est dans les autres le prixdu jeûne, de la retraite, de la macération , & de vertussu& folles qu’inutiles à la société.