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Tome troisième.
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» ou diminuer mon commerce. L’ennuyeúx froissement» d’un éventail qui s ouvre & se referme sans celle , n’é-» branle point .nos constitutions ». Une nation trop oc-cupée de la coquetterie d’une femme ou de la fatuité d’unpetit-maítre, est à coup-sûr une nation frivole.

9. Toutes les nations ont reproché aux François leurfrivolité. « Si le François, disoit autrefois M. de Saville,» est si frivole, l’Espagnol si grave & si superstitieux ,» l’Anglois si sérieux & si profond, c’est un ester de la» différente forme de leur gouvernement. C'est à Paris•> que doit se fixer l'homme curieux de bijoux Sc de parler» sans rien dire : c'est Madrid Sc Lisbonne que doit habiter» quiconque aime à se donner la discipline & à voir brûler» ses semblables ; & c’est à Londres enfin que doit vivre» quiconque veut penser & faire usage de la faculté» qui distingue principalement l’homme de la brute ».Selon M. de Saville, il n’est que trois objets dignes deréflexion ; la nature , la religion & le gouvernement.« Or, le François, ajoute-t-il, n’ose penser sur ces ob-» jets. Ses livres, insipides pour des hommes, ne peuvent» donc amuser que des femmes. La liberté feule élève l’es-» prit d’une nation , & l’esprit de la nation celui de ses« écrivains. En France, les âmes font fans énergie. Le seul» auteur estimable que j en aime, c’est Montaigne. Peu de» ses concitoyens font dignes de l’admirer : pour le sentir,» il faut penser ; Sc pour penser, il faut être libre ».

10. Les jésuites offrent un exemple frappant du pou-voir de l’éducation Si leur ordre a produit peu d’hommesde génie dans les arts Sc les sciences ; s’ils n’ont point eude Nesrton en physique, de Racine dans le tragique,d’Huygens en astronomie, de Pott en chymie, de Locke ,de Bacon, de Voltaire, de La Fontaine, Sec. ; ce n’est pasque ces religieux ne se recrutassent parmi les écoliers deleurs collèges, qui annonçoient le plus de génie. Oníait