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Tome troisième.
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D E L’ H O M M S", 8$charme cesse , & le prestige de la science disparoit. Qu’onse défie donc de tout écrit où l’on fait trop fréquemmentusage du langage de l’école. La langue usuelle suffit pres-que toujours à quiconque a des idées claires. Qui veutinstruire & non duper les hommes, doit parler leur langue.

7. Il est peu de pays où l'on étudie la science de lamorale & de la politique. On permet rarement aux jeunesgens d’exercer leur esprit sur des sujets de cette espèce.Le sacerdoce ne veut pas qu’ils contractent l’habitude duraisonnement. Le mot raisonnable est aujourd’hui devenusynonyme á‘incrédule. Le clergé soupçonne' apparemmentque les motifs de la foi , comme les petites ailes donnéesà Mercure, sont trop foi hies pour la soutenir. Pour êtrefhilosophe , dit Mallebranche , il faut voir évidemment ; &jtour être fidèle , il faut croire aveuglément. Mallebranche nes’apperçoit pas que de son fidèle il fait un sot. En effet,en quoi consiste la sottise ? à croire sans un motif suffisantpour croire : on me citera à ce sujet la foi du charbonnier.II étoit dans un cas particulier : il parloir à Dieu ; Dieul’éclairoit intérieurement. Tout homme qui, fans être ce»charbonnier, se vante d’une foi aveugle & d’une croyancesur ouï dire, est donc un homme enorguelli de sa sottise.

8. Qu’on s’amuse un moment de la peinture d’un ridi-cule ; rien de mieux. Tout excellent tableau de cette es-pèce suppose beaucoup d’esprit dans le peintre qui le des-sine. Que lui doit la société ? un tribut de reconnoissance& d’éloges proportionné au mal dont la délivre le ridi-cule jeté fur tels défauts. Une nation qui mettroit de l’im-portance à ce service, se rendroit elle - même ridicule.« Qu’importe , dit un Anglois, que tel bourgeois soit sin-» gulierdans son humeur, tel petit-maître recherché dans•’ ses habits 5 que telle coquette enfin soit minaudière?

elle peut rougir , blanchir, moucheté r son visage, &~ coucher avec son amant, sans envahir ma propriété.