DE L* H O M M E. 10 ?
qu’elle favorise la paresse humaine, & lui épargne Upeine d’une recherche inutile.
Cependant íî des expériences contraires prouvoientque la supériorité de l’efprit n’est point proportionnéeà la plus ou moins grande perfection des cinq sens ,c’est dans une autre cause q u on seroit forcé de cher-cher l’explication de ce phénomène.
Deux opinions partagent aujourd’hui les favans furcet objet. Les uns disent : l’esprit ejl l'effet d’une cer-taine espèce de tempérament & d 3 organisation intérieure;mais aucun n’a, par une fuite d’observations, encoredéterminé l’espèce d’organe, de tempérament ou denourriture qui produit l’esprit (a). Cette assertion
preuve est souvent trompeuse. A-t-on toujours vu les ani-maux sç multiplier par l'accouplement des mâles avec lesfemelles ; on en conclut que cette manière est la feuledont les êtres puissent se régénérer. 11 faut, pour nousdétromper, que des observateurs exacts & scrupuleuxenferment un puceron dans un bocal ; qu’ils découpentdes polypes, Sc prouvent, par des expériences réitérées,qu’il est encore dans la nature d’autres manières dont lesanimaux peuvent se reproduire.
(a) Quelques médecins, entre autres M. Lansel d»Magny, ont dit que les tempéramens les plus forts Sc lesplus courageux étoient les plus spirituels. Cependant onn’a jamais cité Racine, Boileau, Pascal, Hobbes, Toland,Fontenelle , Sec. comme des hommes forts Sc courageux.D’autres ont prétendu que les bilieux Sc les sanguinsétoient à la fois & les plus ingénieux, Sc les moins carfables d’une attention constante. Mais peut-on être en