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Tome troisième.
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DE L* H O M M E. 109

Une cause connue rend-elle compre d’un fait ; pour-quoi le rapporter à une cause inconnue, à une qualiréocculte, dont 1 existence toujours incertaine, n’ex-plique rien qu'on ne puisse expliquer fans elle ?

Pour montrer que tous les hommes communémentbien organises ont une égale aptitude à l’efprit (a ), il£mt remonter au principe qui le produit : quel est-il î

(a) M. Locke avoir fans doute entrevu cette vérité,lorsque , parlant de l'inégale capacité des esprits, il croîtappercevoir entre eux moins de différence qu’on ne l’ima-gine : « Je crois , dit-il, page 2 , de son Education , pou-» voir assurer que de cent hommes, il y en a plus de» nonante qui sont ce qu’ils sont, bons ou mauvais, utiles» ou nuisibles à la société, par l’instruction qu’ils ont» reçue. C’est de l’éducation que dépend la grande diffé-*» rence apperçue entre eux. Les moindres & les plus in-« sensibles impressions reçues dans notre enfance, ont des» conséquences très-importantes & d’une longue durée.» Il en est de ces premières impressions comme d’une ri-» vière dont on peut, fans peine, détourner les eaux en» divers canaux , par des routes tout-àfait contraires ; de-» sorte que par la direction insensible que l’eau reçoit attm commencement de sa source, elle prend différens cours,» & arrive enfin dans des lieux fort éloignés les uns des» autres : c’est, je pense, avec la même facilité qu’on»» peut tourner les esprits des enfans du côté qu’on veut ».Dans ce passage, à la vérité > Locke n’uffirme point ex-pressément que tous les hommes communément bien or-ganisés aient une égale aptitude à l’esprit ; mais il y ditce dont il avoir été , pour ainsi dire, témoin, & ce quelui avoir appris l’expérience journalière. Ce philosophe9’avoit point réduit toutes les facultés de l’esprit à la