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tout objet peut exciter une sensation, qu’un seul suffitpour produire un jugement.
Je conclus de cette observation que toute aíïèrtionsur le rapport des objets entre eux, suppose compa-raison de ces objets ; toute comparaison, une peine;toute peine , un intérêt puiisant pour se la donner.Et, qu’au contraire , lorsqu’il s agit du rapport d’unobjet avec moi , c’est-à-dire, d une sensation , cettesensation, si elle est vive , devient elle-même l’intérêtpuissant qui me force à l’attention. Toute sensationde cette espèce emporte donc toujours avec elle unjugement. Je ne m’arrêterai pas davantage à cette ob-servation , je dis & répéterai, d’après ce que j aidit ci-desiùs, que dans tous les ca 5, juger est sentir.
Cela posé, toutes les opérations de l’esprit se ré-duisent à de pures sensations. Pourquoi donc admettreen nous une faculté de juger distincte de la faculté desentir ?Mais cette opinion est générale; j’en conviens ;elle doit même l’être. L’on s'est dit, je sens ôc je com-pare ; il est donc en moi une faculté de juger & decomparer, distincte de la faculté de sentir. Ce raison-nement suffit pour en imposer à la plupart des hom-^nes. Cependant pour en appercevoir la fausseté , ilne fàut qu’atracher une idée nette au mot comparer.Ce mot éclairci, on reconnoît qu’il ne désigne aucuneopération réelle de l’esprit ; que l’opération de com-parer , comme je l ai déjà dit , n'est autre chose quese rendre attentif aux impressions différentes quexci-l cnt en nous des objets , ou actuellement fous iws