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l’autre,leplaisir de prévoyance. Un homme aime-t-il lesbelles esclaves & les beaux tableaux ; s’il découvreun trésor , il est transporté. Cependant, dira t-on,il n’éprouve encore aucun plaisir physique : j en con-viens. Mais il acquiert en ce moment les moyens dese procurer les objets de ses désirs. Or , cette pré-voyance d’un plaisir prochain, est déjà un plaisir. Sansamour pour les belles esclaves & les beaux tableaux ,il eût été indifférent à la découverte de ce trésor.
Les plaisirs de prévoyance supposent donc toujoursI existence des plaisirs des sens. C’est l’eípoir de jouirdemain de ma maîtresse qui me rend heureux aujour-d’hui. La prévoyance ou la mémoire convertit enjouissance réelle l’acquisition de tout moyen propre àme procurer des plaisirs. Par quel motif, en effet,éprouvais-je une sensation agréable, chaque fois quej obtiens un nouveau degré d’estime, de considéra-tion , de richesses j & sur-tout de pouvoir ì c’est queje regarde le pouvoir comme le plus sûr moyen d’ac-croître mon bonheur.
Pouvoir.
Les hommes s aiment eux - mêmes : tous désirentd'être heureux, & croient qu’ils le seroient parfaite-ment , s’ils étoient revêtus du degré de puissance né-cessaire pour leur procurer toute espèce de plaisir. Ledésir du pouvoir prend donc sa source dans l’amoucdu plaisir.
Supposons un homme absolument insensible. MaisTome III. K