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Tome troisième.
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DE L' H O M M E. 159

ragementà la venu, lorsqu’on n’en obtiendra la jouis-sance que par des services rendus à la patrie.

Dans les siècles où les invasions des peuples dunord , & les incursions d une infinité de brigands te-noient toujours les citoyens en armes, où les femmessouvent exposées aux insultes d’un ravisseur, a voientperpétuellement betoin de défenseurs ; quelle vertudevoir être la plus honorée ì la valeur. Aulsi les fa-veurs des femmes étoient-eiles la récompense des plusvaiilans : auflì tout homme jaloux de ces mêmes fa-veurs , devoit-il j pour les obtenir, s élever à ce hautdegré de courage qui animoit encore, il y a quatresiècles, tous les preux chevaliers.

L’amour du plaisir fut donc en ces siècles le principeproductif de la feule vertu connue , c’est-à dire , dela valeur. Auisi lorsque les moeurs changèrent, lors-que la police plus perfectionnée mit la vierge timideà l’abri de toute insulte , alors la beauté ( car tout setient dans un gouvernement ) moins exposée aux ou-trages d’un ravisseur, honora moins ses défenseurs. Sil’enthousiasme des femmes pour la valeur décrut alorsdans la proportion de leur crainte ; si l’estime, con-servée encore aujourd’hui pour le courage, n est plusqu’une estime de tradition ; si dans ce siècle l’amantle plus jeune, le plus assidu, le plus complaisant, &sur tout le plus riche, est communément l’amant pré-féré , qu’on ne s’en étonne point ; tout est ce qu’ildoit être.

Les faveurs des femmes, selon les changemens