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jouissance, a voulu en faire un des plus puiflans prin-cipes de notre activité (a).
(a) Parmi les savans, il en est > dit-on, qui, loin dumonde , se condamnent à vivre dans la retraite. Or, com-ment se persuader que dans ceux ci l'amour des t.ilens aitété fondé fur l’amour des plaisirs physiques, 8c sur-toutsur celui des femmes ? Comment concilier ces inconci-liables ? Pour cet effet, supposons qu’il en soit d’un hommeà talens comme d'un avare. Si ce dernier se prive auiour-d’hui du nécessaire, c'est dans l’espoir de jouir demain dusuperflu. L'avare desire-t-ii un beau château , & l’hommeà. talens une belle femme; si, pour acheter l’un & P autre,il saut de grandes richesses 8c une grande réputation, cesdeux hommes travaillent chacun de leur côté à l'accroìs-sement, l’un de son trésor , l’autre de sa renommée. Or,dans l’espace de temps employé à l'acquisition de cet ar-gent & de cette renommée , s’ils ont vieilli, s'ils ont con-tracté des habitudes qu'ils ne puissent rompre fans desefforts dont l'âge les ait rendu incapables, l’avare 8cl’homme à talens mourront, l’un fans château, l'autresons maîtresse. Ce n'est pas uniquement entre ces deuxhommes , mais entre la coquette 8c ce même avare qu'onrencontre encore une infinité de ressemblances. Tousdeux,plus heureux qu'on ne le pense, le sont de la même ma-nière. L'avare, en comptant son or, jouit de la possessionprochaine de tous les objets dont l’or peut être l'échange;& la coquette, se mirant dans fa glace, jouit pareillementd'avance de tous les hommages que lui procureront sesgrâces & fa beauté. Ce que je leur conseille à tous deux,c’est de s’en tenir là. Qu’ils n’aient ni château, ni amant :ils éprouveroient dans la jouissance des objets de leursdésirs , des dégoûts inconnus avant elle. L’état de désirest un état de plaisir. Les châteaux, les amans & les