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Tome troisième.
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V I L* H O M M E, 169

Qui veut acquérir une grande mémoire, doit lacultiver, la fortifier par un exercice journalier. Quiveut acquérir une certaine tenue dans la méditation,doit pareillement en fortifier en lui ['habitude parun exercice journalier. Or, le temps passé à méditern’est point employé à placer des faits dans monsouvenir. L'homme qui compare & médite beau-coup a donc communément d’autant moins de mé-moire qu’il en fait moins d'usage. Âu reste , quesert une grande mémoire ? la plus ordinaire suffitau besoin d’un grand-homme. Qui fait fa langue adéjà beaucoup d’idées. Pour mériter le titre d’hommed’efpric, que faut-il ? les comparer entre elles, Scparvenir par ce moyen à quelque résultat neuf &intéressant, ou comme utile, ou comme agréable.La mémoire, chargée de tous les mots dune langue,&, par conséquent, de toutes les idées d’un peuple »est la palette chargée d’un certain nombre de cou-leurs. Le peintre a , fur cette palette , la matièrepremière d’un excellent tableau : c’est à lui à lesmêler Sc à les étendre , de manière qu’il en résulteune grande vérité dans fa teinte , une gtande forcedans son coloris, enfin un beau tableau.

ni bon philosophe, ni grand capitaine, il est du moinstrès-aimable. Si fa réputation ne s’étend point au-delà deson cercle, c’est qu’il n’écrit point, c’est qu’il ne perfec-tionne aucune science, & qu’il ne se rend point utile auxhommes, & ne doit par conséquent en obtenir que peud’estime.