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Tome troisième.
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VJO n S L* H O M M Z.

La mémoire ordinaire a même plus d étendusqu on ne pense. En Allemagne & en Angleterre ,presque point d’homme bien élevé qui ne sachetrois ou quatre langues [a). Or, si l'érude de ceslangues est comprise dans le plan ordinaire de l’ins-truction, elle ne supposé donc qu’une organisation,(ommune : tous les hommes font donc doués, parla nature (b), de plus de mémoire que n’en exigela découverte des plus grandes vérités. Sur quoi j'ob-serverai que si la supériorité de l'esprit, comme leremarque M.. Hobbes, consiste principalement dansla connoistance de la vraie signification des mots ,& s’il n’est point d homme qui , dans la seule mé-

(<z) Si le François ne fait que fa propre langue , e'eston effet de son éducation, & non de son organisation :qu'il passe quelques années à Londres ou à Florence , ilsaura bientôt l’anglois & Fitalien.

sí) La nature, dit-on, donne à chaque nation quelquequalité, ou quelque génie particulier. Point de nation enEurope qui, d'après les Prussiens , n'ait fait des change-mens dans fes exercices , dans fes évolutions militaires,& ne Fait fait avec succès. Mais trop frappées du brillantde ces évolutions, les nations fe font-elles occupées desmoyens d’exciter le courage de leurs soldats ? j’en doute.Les Européens n’ont pas les mêmes motifs qu'avoient lesGrecs & les Romains pour exposer leur vie dans les com-bats. Aussi le courage des armées ne fe manifeste-t-il pluspar des entreprises aussi hardies, 8c fe réduira-t-il peut-êtredans chaque guerrier à ce seul point, de n’être pas îepremier à fuir.