178 D M L' H O M M E.
les plus finement organisés , il faut , qu’à certainségards , chacun le soit encore supérieurement auxautres. Tout homme, en coníéquence, devroit doncéprouver des sensations, acquérir des idées incom-municables à íes compatriotes. Or , il n est pointd’idées de cette elpèce. Quiconque en a de nettes ,les transmet facilement aux autres. II n en est doncpoint auxquelies ne pu i lien t atteindre les hommescommuniaient bien organisés.
La cause qui pourroit le plus efficacement influerfur les esprits, feroit fans doute, la différence deslatitudes & de la nourriture. Or, comme je Tai déjàdit, le gras Anglois qui fe nourrit de beurre & deviandes fous un climat de brouillards , n’a certaine-ment pas moins d’esprir que le maigre Espagnolqui ne vit que d’ail & d’oignons dans un climat tres-sée. M. Schasv, médecin Anglois, qui, par la fidélité& 1 exactitude de ses observations, ne mérite pasmoins notre croyance, que par la date peu éloignéede son voyage en Barbarie, dit au sujet des Maures ;-> Le peu de progrès de ces peuples dans les arts &» dans les sciences n’est l’eífet d’aucune incapacité*• ou stupidité naturelle. Les Maures ont l’esprit
même vent, & semé dans la même veipe de terre ; or ,dans les êtres inanimés, ie temps de leur développementrépond à celui de Téducation des hommes, qui peut-êtrene sont jamais les mêmes, parce qu 1 aucun, comme je l’aiprouvé, Section I, ne peut recevoir précisément lesmêmes instructions.