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Tome troisième.
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DE L H O M M E.

CHAPITRE XV.

De l’Esprit.

Qu’est-ce que l’esprit en lui-même? l’aptitudeà voir les ressemblances & les différences les conve-nances & les disconvenantes qu ont entr’eux les ob-jets divers. Mais quel est dans l’homme le principeproductif de son esprit ? fa sensibilité physique, samémoire, Sc sur tout Tintérêt qu’il a de combinerses sensations emr elles (a). L’esprit n'est donc enlui que le résultat de ses Jcnsations comparées 3 Scle bon esprit consiste dans la justesse de leur com-paraison.

Tous les hommes, il est vrai, n’éprouvent pasprécisément les mêmes sensations, mais tous sentent

(jì) Supposons qu’en chaque genre de science & d’art,les hommes eussent comparé entre eux tous les objets &tous les faits déjà connus, & qu’ils sussent enfin parvenusà découvrir tous leurs divers rapports ; les hommes alorsn’ayant plus de nouvelles combinaisons à faire, ce qu’onappelle Yefpru n’existeroit plus. Alors tout sercit science,& l’esprit humain, nécessité à se reposer jusqsà ce que ladécouverte de faits inconnus lui permît de nouveau de lescomparer & de les combiner entre eux, seroit la mineépuisée qu’on laisse reposer jusqu’à la formation de nou-veaux sillons.