DE L' H O M M E. 2.OZ
3 leur souvenir que les diverses applications qu’ils enont entendu faite (3) : applications toujours différentes& contradictoires, selon la diversité, & des intérêts,& des positions de ceux avec lesquels ils vivent. Pourconvenir universellement de la signification du motbon appliqué à la morale, il faudroit qu’un excellentdictionnaire en eût déterminé le sens précis. Jufqu’àla rédaction de cet ouvrage , toute dispute sur cesujet est interminable. II en est de même du motIntérêt.
INTERET.
Parmi les hommes, peu font honnêtes , & le motintérêt doit , en conséquence , réveiller dans la plu-part d'entt'eux l’idéed'un intérêt pécuniaire, ou d’unobjet aussi vil & aussi méprisable. Une ame noble &élevée en a-t-elle la même idée ? non : ce mot lui rap-pelle uniquement le sentiment de l’amour de soi. Levertueux n’apperçoitdans Yiruérêt que le re-íîort puis-sant & général , qui, moteur de tous les hommes ,les porte tantôt au vice , tantôt à la venu. Mais lesjésuites attachoient-ils à ce mot une idée aussi étendue,Iorsqu’ils combatroient mon opinion ? je 1 ignore. Ceque je fais , c'est qu’alors banquiers, commerçans ,banqueroutiers, ils dévoient avoir perdu de vue touteidée d’intérêt noble : c’est que ce mot ne devoir ré-veiller en eux que l’idée d’intrigue & d’intérêt pécu-niaire.
Dr, un si vil intérêt leur ordonnoit de poursuivre