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expression qu’à des objets physiques, tels font, parexemple, une étoffe, un outil, une denrée, les hommesr'en forment à peu près la méme idée ; & cette ex-pression rappelle, du moins confusément, à leur mé-moire l’idée de tout ce qui peut être immédiatementbon (a) pour eux.
Prend-on enfin ce mot dans une signification en-core plus étendue ; l’applique-t-on à la morale &caux actions humaines ; on lent qu’alors cette expres-sion doit nécc-ffairement renfermer Tisée de quelqueutilité publique , & que peur convenir en ce genrede ce qui est bon , il faut être précédemment con-venu de ce qui est utile. Or, la plupart des hommesignorent même que l’avantage général soit la mesurede la bonté des actions humaines.
Faute d’une éducation faine, les hommes n'on tde la bonté morale que des idées obscures. Ce motbonté, arbitrairement employé par eux, ne rappelle
(a) C’est de cet adjectif ton , qu’on a fait le substantifBonté, pris, parmi tant de gens, pour un être réel, ou dumoins pour une qualité inhérente à certains objets De-vroit-on encore ignorer que dans la nature , il n’est pointd’être nommé bonté ; que cette bonté n’est qu’un nomdonné par les hommes à ce que chacun d’eux regardecomme bon pour lui ; & qu’enfin ce mot bonté , commecelui de grandeur, est une de ces expressions v.igues, videsde sens, Le qui ne présentent d’idée distincte qu’au mo-ment où. malgré soi, Se sans s’en appercevoir, on en faitl’application à quelque objet particulier ?