Band 
Tome troisième.
Seite
242
JPEG-Download
 

141 DE L' H O M M Z.

les richeílès & le crédit des bonzes. Ils en sentirenttoute l’importance ; ils l’annoncèrent, & on la reçutavec joie , parce que les prêtres furent toujours d’au-tant plus relâchés dans leur morale, & d’autant plusindulgens aux crimes, qu’ils étoient plus sévères dansleur discipline , & plus exacts à punir la violation desrits (a).

flous les temples devinrent alors l’asyle des for-faits; la feule incrédulité n’y trouva point de refuge.Or , s’il est en tout pays peu d incrédules Sc beau-coup de médians, l’intérêt du plus grand nombre futdonc d’accord avec celui des prêtres.

Entre les tropiques , dit un navigateur, font deuxîles en face Tune de f autre. Dans la première , onn’est point honnête, lì l’on ne croit un certain nombred’abfurdités , & fi l’on ne peut , fans fe toucher »soutenir la plus cuisante démangeaison ; c'est à la pa-tience avec laquelle on la supporte , qu'est principa-lement attaché le nom de vertueux. Dans l’autre ile,òn n’impofe nulle croyance aux habitans ; l’on peutfe gratter où cela démange , Sc même fe chatouillerpour fe- faire rire ; mais l’on n est point réputé ver-tueux , fi l’on n’a fait des actions utiles à la société.

L’abfurdité de la morale religieuse n’en devroit elle

(a) Si les catholiques font, en général, fans mœurs,c’est qu’à la pratique des vraies vertus, les prêtres ont,dans la religion papiste, toujours substitué celle des céré-monies superstitieuses.