DE L* H O M M E. 143
pas désabuser les peuples ì un prêtre , répondrai je,s’enveloppe t il d’un vêtement lugubr.e ; affecte-t-ilun maintien austère, un langage obícur; neparle-t-ilqu’aunom de Dieu ôc des mœurs: il séduit le peuplepar les yeux & les oreilles. Que d’aìlleurs les motsde mœurs ìk de vertu íoient dans fa bouche des motsvides de sens, peu importe. Ces mêmes mots pro-noncés d'un ton mortitié & par un homme vêtu del’habit de la pénitence, en imposeront toujours àl’im-bécillité humaine.
Tels furent les prestiges, & , si je lofe dire , lasimarre brillante fous laquelle les prêtres cachèrentleur ambition & leur intérêt personnel. Leur doctrinefut d’ailleurs sévère à certains égards , & fa sévéritécontribua encore à tromper le vulgaire. C'étoit la bottede Pandore : son dehors éblouistbit, mais elle renfer-moit au-dedans le fanatisme , l’ignorance , la supers-tition , & tous les maux qui successivement ont ra-vagé la terre. Or, je demande, lorsqu’on voit en tousles temps les ministres des religions employer les mêmesmoyens pour accroître, & leurs richesses , & leurcrédit (a), pour conserver leur autorité démultiplier
fa) Si les prêtres se font par-tout les dépositaires & lesdistributeurs des aumônes, c’est qu’ils s’approprient unepaitie de ces aumônes; c’est que la distribution du restesoutient leur crédit & soudoie les pauvres. Tout moyend acquérir argent 8 c crédit paroît légitime aux prêtres.C’est fans honte que le clergé catholique charge des ré-parations des églises les peuples même dont il épuise le