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Tome troisième.
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DE L' H O M M E. lSl

hommes me disent avoir vu un ours dans les forêts de laPologne. Ce fait, que rien ne contredit, est pour moitrès-probable. Mais que non-seulement ces cinq hommes,mais encore cinq cents autres, m’attestent avoir rencontrédans ces mêmes forêts des spectres, des ogres, des vam-pires , leur témoignage réuni n'a pour moi rien de pro-bable , parce qu'il est, en pareil cas , encore plus com-mun de rassembler cinq cents menteurs, que de voir detels prodiges.

41. Met-on fous nos yeux tous les faits de la compa-raison desquels doit résulter une vérité nouvelle ; attache-t-on des idées nettes aux mots dont on se sert pour la dé-montrer ; rien alors ne la dérobe à nos regards ; & cettevérité bientôt réduite à un fait simple, fera, par touthomme attentif,' conçue presque aussi-tôt que proposée.A quoi donc attribuer le peu de progrès d'un jeune hommedans les sciences ? à deux causes :

L'une, au défaut de méthode dans les maîtres ;

L’autre, au défaut d’ardeur & d’attention dans l’élève.

41. Cette métamorphose perpétuelle du génie enscience, m'a souvent fait soupçonner que tout dans lanature se prépare & s’amène de lui-même. Peut-être laperfection des arts & des sciences est elle moins l'œuvredu génie qae du temps & de la nécessité. Le progrès uni-forme des sciences dans tous les pays, confirmeroit cetteopinion. En effet, si, dans toutes les nations, commel’observe Hume , ce n est qu âpres avoir bien écrit en vers ,qu on parvient a bien écrire en prose , une marche si cons-tante de la raison humaine, me paraîtrait l'effet d'unecausa générale & sourde. Elle supposerait du moins uneégale aptitude à l’esprit dans tous les hommes de tous lessiècles & de tous les pays.

43. Puisque les hommes conversent & disputent entreeux, il faut donc qu'ils fe sentent intérieurement doués