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Tome troisième.
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D E

L' H O M M

E.

quelle est sa surprise , lorsque l’indifférence avec la-quelle on la reçoit, lui apprend enfin le peu de casqu’on en fait !

Alors convaincu qu’en échange des peines & desfatigues qu’exige la recherche de la vérité , il n’aurachez lui que peu de célébrité & beaucoup de persé-cution , il perd courage , il se rebute , ne tente plusde nouvelles découvertes, se livre à la paresse , &r'artère à moitié de sa carrière.

Notre attention est fugitive : il saut des passonsfortes pour la fixer. Je veux qu’en s’amusant l’on cal-cule une page de chiffres , on n’en calcule point unvolume, qu’on n’y soit forcé par l’intérêt puissantde sa gloire ou de sa fortune. Ce sont les passons quimettent en action l égale aptitude que les hommes ontà l’efprit. Sans elles, cette aptitude n’est en eux qu’unepuissance morte.

Qu’est-ce, encore une fois , que l’esprit ì la con-noissance des vrais rapports qu’un certain nombre d’ob-jets ont entre eux & avec nous. A quoi doit-on cetteconnoissancè ? à la méditation, à la comparaison desobjets. Mais que suppose cette comparaison ? un in-térêt plus ou moins vif de les comparer. L’esprit estdonc en nous le produit de cet intérêt, & non de lafinelïè plus ou moins grande de nos sens.

Mais, dira t on, si la force de notre constitution dé-terminoit celle de nos désirs ; si l’homme devoir songénie à ses passions, & ses passions à son tempéra-ment , dans cette supposition , le génie seroit encore