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min , Sc tout voyageur alors la regarde en passant,parce que tous ont des yeux pour l’appercevoir , Scqu'il ne leur manquoit , pour la découvrir, que ledésir vif de la chercher & la patience nécessaire pourla trouver.
Un homme jaloux d'un grand nom se met-il à lapoursuite d’une vérité importante ; il doit s'armer dela patience du chasseur. II en est du philosophe commedu sauvage : le moindre mouvement du dernier écartede lui le gibier ; & la moindre distraction du premieréloigne de lui la vérité. Or rien de plus pénible quede tenir long-temps son corps & son esprit dans lemême état d’immobilité ou d’attention ; c’est le pro-duit d’une grande passion. Dans le sauvage, c’est lebesoin de manger ; dans le philosophe , c’est celui deía gloire qui opère cet. effet.
Mais qu’est- ce que ce besoin de la gloire ? le be-soin même du plaisir. Aussi dans tout pays où la gloirecesse d’enêtre représentative, le citoyen est indifférentà la gloire ; le pays est stérile en génies & en décou-vertes. II n’en est cependant point qui de temps entemps ne produise des hommes illustres ; parce qu’iln’en est aucun où il ne naisse de loin en loin quelquecitoyen qui, frappé, comme je l’ai dit, des élogesprodigués dans l'histoire aux talens, ne désiré d’en mé-riter de pareils, & ne se mette, à cet effet, en quêtede quelque vérité nouvelle. L obstine-1 il à sa recher-che ; parvient il à sa découverte ; est-il énorgueilìide sa conquête ; la porte-t-il en triomphe dans fa patrie
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