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Tome troisième.
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se. dise prudent; soit : mais qu il ne se dise pas philosophe.Quelle est la société la plus dangereuse pour la jeunesse ?celle de ces hommes prudens , discrets , & d’autant plussûrs d’étouffer dans l’adolescent tout genre d’émulation ,qu’ils lui montrent dans l’ignorance un abri contre la per-sécution , par conséquent le bonheur dans l’inaction.

Parmi les apôtres de l’oisiveté - il est quelquefois ' desgens de beaucoup d’esprit. Ce sont ceux qui ne doiventleur paresse qu’aux dégoûts & aux chagrins éprouvés dansla recherche de la vérité. La plupart des autres font deshommes médiocres ; ce qu’ils désirent, c’est que tous lesoient. C’est l’envie qui leur fait prêcher la paresse.

Que faire pour échapper à la séduction de leurs dis-cours ? en suspecter la sincérité : se rappeler qu’un intérêtnoble ou vil fait toujours parler les hommes ; que toutesupériorité d’esprit importune celui qui dédaigne la gloire,& s’enveloppe d’une paresse réputée philosophique ;qu’un tel homme a toujours intérêt d’étouffer dans lescœurs les germes d’une émulation qui lui donneroit tropde supérieurs.

3. Le projet de la plupart des despotes est de régner furdes esclaves , de changer chaque homme en automate.Ces despotes , séduits par l’intérêt du moment, oublientque l’imbécillité des sujets annonce la chûte des rois ,qu’elle est destructive de leur empire, .& qu’enfin il est ,à la longue, plus facile de régir un peuple éclairé qu’unpeuple stupide.