DE L' H O M M E. 30s
injuste & cruel sur des esclaves malheureux, à l'exer-cice d’une puissance légitime & bien aimée (7) futun peuple libre Sc fortuné. Le pouvoir arbitraire estun enfant (ans prévoyance , qui laerifie fans cessel’avenir au présent.
Le plus redoutable ennemi du bien public n'estpoint le trouble, ni la sédition, mais le deíporisme (8).11 change le caractère d’une nation , Sc- toujours enmal ; il n’y porte que des vices. Quelle que soit lapuissance d’un sultan des Indes, il n’y créera jamaisde citoyens magnanimes. II ne trouvera jamais dansses esclaves les vertus des hommes libres. 1 a chymiene tire d’un corps mixte qu’autant d’or qu’il en ren-ferme , Sc le pouvoir le plus arbitraire ne tire jamaisd’un esclave que la basseíïe qu’il contient.
L'expérience prouve donc que le caractère Sc l’es-prir des peuples changent avec la forme de leur gou-vernement ; qu’un gouvernement différent donne tour-à-tour, à la même nation , un caractère élevé ou bas ,constant ou léger, courageux ou timide.
Les hommes apportent donc en naissant, ou nulledisposition , ou des dispositions à tous les vices &lesvertus contraires. Ils ne font donc que le produit deleur éducation. Si le Persan n’a nulle idée de la liberté»si le Sauvage n’a nulle idée de la servitude , c’est uneffet de leur différente instruction.
Pourquoi , disent les étrangers, n’apperçoit-on «sa-bord dans tous les François qu’un même esprit Sc unmême caractère, comme une même physionomie dansTome III. - V.