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Tome troisième.
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Zo8 DE l' h o m m é.

certaine courbure j pûr jamais fe redresser î quiconqueassure qu’on contraint 8c qu’on ne change point lescaractères , ne dit rien autre chose , sinon qu’cn nedétruit point en un instant des habitudes ancienne-ment contractées.

L’hommed’humeurla conserve,parce qu’il a tou-jours quelqu’inférieur lur lequel il peut l’exercer.Mais qu’on le tienne long temps en présence du lionou du despote, nul doute qu’une contrainte longue,répétée & transformée en habitude , n’adouciise soncaractère. En général, tant qu’on est jeune aísez pourcontracter des habitudes nouvelles, les seuls défauts& les seuls vices incurables , ton t ceux qu’on nepeutcorriger fansemployerdesmoyensdont les mœurs,les lois ou la coutume ne permettent point sillage. IIn’est rien d’imposiible à 1 éducation : elle sait danserfours.

Qu’on médite ce sujet , l’on sentira que notrepremière nature,comme le prouvent Pascal & l’ex-périence, n’est autre chose que notre première ha-bitude {a).

L’homme naît lans idées , fans pallions; il naîtimitateur ; il est docile à l’exemple : c’est par consé-quent à l’instruction qu’il doit ses- habitudes & soncaractère. Or , je demande pourquoi des habitudescontractées pendant un certain temps , ne seroient

(a) Si sauteur de l’Emile a nié la vérité de cet axiomec’est qu’il n’a pas saisi le feus de Pascal.