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Tome troisième.
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DE L’ H O M M E.

se le procurer. L’amour de la puissance & des moyensde l’acquérir ,est donc nécessairement lié dans l’hommeà l’amour de lui - même (ie). Chacun veut comman-der , parce que chacun voudroit accroître fa félicité ,& pour cet effet que tous ses concitoyens s’en occu-paílent. Or, entre tous les moyens de les y contrain-dre , le plus sûr est celui de la force & de la violence.L’amour du pouvoir, fondé fur celui du bonheur, estdonc l’objet commun de tous nos désirs (t i). Ausil lesricheffes , les honneurs, la gloire , l’envie , la consi-dération , la justice , la vertu , l’intolérance, enfintoutes les passons factices (a) , ne font-elles ennous que l’amour du pouvoir déguisé fous ces nomsdifférons.

Le pouvoir est l'objet unique de la recherche deshommes. Pour le prouver, je vais montrer que toutesles passons ci-dessus citées , ne font proprement ennous que l’amour du pouvoir ; & j'en conclurai quecet amour étant commun à tous, tous font suscep-tibles du désir de l’estime & de la gloire , par con-séquent , de 1 espèce de paffion propre à mettre enaction 1’égale aptitude qu’ont à l’efptit les hommesorganisés comme le commun d’entre eux.

(a) Tout en nous est passion factice, à l’exception desbesoins, des douleurs & des plaisirs physiques.