DE L* H O M M E.
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CHAPITRE VI.
Dc l’envie.
Le mérite , à Pope, produit l’envie , comme 1$corps produit sombre. L’envie annonce le mérite ,comme la fumée l’incendie & la flamme. L’e'nvieacharnée contre le mérite , ne le refpcte, ni dans lesgrandes places , ni fur le trône. Elle poursuit égale-ment un Voltaire , un Catinat, un Frédéric. Si l’onse rappeloit souvent jusqu’où se porte sa fureur,peut-être qu’eífrayés des, malheurs semés fur les pasdes grands talens, on seroit sans courage pour les ac-quérir.
L’homme.de génie qui se dit à la lueur de sa lampe:ce soir, je finis mon ouvrage : demain est le jour dela récompense: demain, le public reconnoilïint s’ac-quitte envers moi : demain enfin , je reçois la cou-ronne de l’immortalité ; cet homme oublie qu’il estdes envieux. En ester, demain arrive ; l’ouvrage estpublié ; il est excellent, & le public n’acquitte pointfa dette. L’envie détourne loin de fauteur le parfumsuave des éloges ( a) ; elle y substitue l’odeur empestée
(-r) De toutes les passions, l’envie est la plus détestable.Le portrait qu’en fait je ne fais quel poète, est effrayant.La compassion, dit-il, s’attendrit fur l’infortune des