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de la critique & de la calomnie. Le jour de la gloirene luit presque jamais que fur la tombe des grands-hommes. Qai mérite l’estime , rarement en jouis, &cqui sème le laurier, se repose rarement sous son om-brage (u).
Mais l’envie habite-t-elle tous les cœurs ? il n’en est:point d u moins où elle ne pénètre. Que de grands-hommes ne peuvent souffrir de concurrens, ne veu-lent .entrer en partage d’estime avec aucun de leursconcitoyens, & oublient qu’au banquet de la gloire ,il faut , fi je lofe dire , que chacun ait fa portion !
Les âmes , même les plus nobles , prêtent quel-
hommes : f envie s’en réjouit & trouve fa joie dans leurspeines.
II n’est point de passion qui ne fe propose quelque plaisirpour objet. Le malheur d’autrui est le seul que se proposel’envie.
Le mérite s’indigne de la prospérité du méchant & dustupide , & l’envie de celle du bon & du spirituel.
L’arr.our & la colère allumés dans une ame, y brûlentune heure, un jour, une année; l’envie la ronge jusqu’autombeau.
Sous la bannière de l’envie , marchent la haine , la ca-lomnie , la trahison & la cabale.
Par-tout l’envie traîne à sa'suite la maigreur de la fa-mine , les venins de la peste & la rage de la guerre.
(a) Si les grands écrivains deviennent, après leur mort,les précepteurs du genre-humain ; il faut convenir que,de leur vivant, les précepteurs font bien châtiés parleursélèves.