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Tome troisième.
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330 DE l’ h o m m e.

vera-t-il ? c’est que sans appel à la justice & fans égardà l’équité , la nation la plus puissante portera le fer& le feu chez la nation ennemie. Son droit fera laforce. Malheur j dira-t-elle , au foible & au vaincu.

Lorfqu’à la tête des Gaulois , Brennus attaqua lesClufiens ; -- quelles offenses , lui dirent les a m b assa--« deùrs romains , les Cluíîens vous ont-ils faites » ìBrennus , à cette demande , fe prit à rire. « Leur of-» fenfe , répondit-il, c’est le refus qu’ils font de par-« tager leurs terres avec moi. C’est la même que vous« ont faite jadis , & ceux d’Albe , & les Fidénares ,« & les Ardéates ; que vous faifoient naguère les« Véiens, les Carpenates, une partie des Falifques« & des Yolfques. Pour vous en venger, vous avez« pris les armes, vous avez lavé cette injure dans leur» sang, vous avezaílervi leurs peïfonnes , pillé leurs» biens , ruiné leurs villes & leurs campagnes : & en» ceci vous ne leur avez fait, ni tort, ni injustice;« vous avez obéi à la plus ancienne des lois , qui» donne au fort le bien du foible ; loi souveraine dans« la nature , qui commence aux dieux , & finit aux« animaux. Etouffez donc , 6 Romains ! votre pitié« pour les Clufiens. La compaiîìon est encore inconnue» aux Gaulois : ne leur en inspirez pas le sentiment,« ou craignez qu’ils n’aient aullì pitié de ceux que« vous opprimez ».

Peu de chefs de nations ont l’audace & la fran-chise de Brennus. Leurs discours seront différens ;leurs actions font les mêmes , & dans le fait, tousont le même mépris pour la justice (27).