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Tome troisième.
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DE L’ H O M M E'. 319Qu’on applique aux peuples ce que je dis del’homme.Deux peuples font voisins ; ils font, à certains égards »dans une dépendance réciproque ; ils font en consé-quence forcés de faire entre eux des conventions &de créer un droit des gens. Le respectent - ils ? oui »tant qu’ils fe craignent réciproquement ; tant qu’unecertaine balance de pouvoir íubsiste entre-eux. Cettebalance est-elle rompue; la nation la plus puissanteviole fans pudeur ces conventions ( 16 ). Elle devientinjuste , parce qu elle peut lette impunément.

Le respect tant vanté des hommes pour la justice,n’est jamais en eux qu’un respect pour la force.

Cependant, point de peuple qui, dans la guerre,ne réclame la justice en fa faveur. J’en conviens. Maisdans quel moment, dans quelle position ? lorsque cepeuple est entouré de nations puissantes qui peuventprendre part à ses querelles. Quel est alors l’objet defa réclamation ? de montrer dans son ennemi un voisininjuste , ambitieux, redoutable ; d’exciter contre luila jalousie des autres peuples , de s’en faire des alliés,& de fe fortifier de leurs forces. L’objet d’une nationdans tant d’appels à la justice , c’est d’accroître fa puis-sance & d'aísurer fa supériorité sur une nation rivale.L’amour prétendu des peuples pour la justice, n’estdonc en eux qu’un amour réel du pouvoir.

Pour s’aísurer de cette vérité , supposons qu’uni-quement occupés de leurs affaires domestiques, lesvoisins de deux nations rivales ne puillent prendrepart à leurs querelles & leur prêter secours , qu’arri-