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& E L ' H O M M B.
CHAPITRE X.
Le particulier , comme les nations 3 n’estime 3 dans lajustice j que la considération & le pouvoir quellelui procure.
Un homme est - il, par rapport à ses concitoyens ,à-peu-près dans Tétât d indépendance d’un peuple àlegard d’un autre ; cet homme n aime dans la jus-tice (19) que le pouvoir & le bonheur qu’elle lui pro-cure. A quelle autre cause en ester, sinon à cet extrêmeamour pour le pouvoir , attribuer notre admirationpour les conquérans (jc) ; Le conquérant, dit le cor-saire Démétrius à Alexandre, est un homme qui, àla tête de cent mille autres , vole à la fois cent millebourses , égorge cent mille citoyens, fait en grand lemal que le brigand fait en petit, & qui, plus injusteque ce dernier, est plus nuisible à la société. Le vo-leur est TefFroi du particulier. Le conquérant est ,comme le deípote , le fléau d une nation. Qui dé-termine notre respect: pour les Alexandre, les Cortès,& notre mépris pour les Cartouche , les Raffiat ì lapuistance des uns & Impuissance des autres. Dans lebrigand , ce n’est pas proprement le crime , mais lafoiblessequ’on méprise Q1 ). Le conquérant se présentecomme fort. On veut être fort, on ne peur mépriserce qu'on voudroit être.