D E L’ H O M M E. 359 .
peuples ont quelquefcis donné le r.om de bons pa-triotes à leurs plus vils flatteurs. Qn’on vante avectransport la vertu de sa nation , mais qu’on ne soirpas aveugle fur ses vii.es. lALve le plus vraiméntaimé, n'est pas le plus loué. Le véritable ami n’est:point adulateur.
Les particuliers ne font que trop portés à vanterles vertus de leurs concitoyens ; ils font caille com-mune avec eux. Notre adulation pour nos compa-triotes, n’est point la mesure de notre amour p'Hir lapatrie. En général point d’homme qui n'aime la na-tion. L’amour des François est naturel au François.Pour devenir mauvais citoyen, il faut que détachantmon intérêt de i’mtérêt public, les lois me rendent tel.
L’homme vertueux se reconnoît au délit qu il a derendre encore, s’il est poflible, les concitoyens & plusillustres & plus heureux. En Angleterre les vrais pa-triotes lont ceux qui s’élèvent avec le plus de forcecontre les abus du gouvernement. En Portugal à quidonne-r-on ce marne titre 1 à celui qui loue le plusbastement l’homme en place : & cependant quel ci-toyen I quel patriote!
C’est à certe connoistance approfondie des motifsde notre amour pour la flatterie & de notre hainepour la contradiction , qu on doit la solution d uneinfinité de problèmes moraux, inexplicables íans cetteconnoistance. Pourquoi toute-vérité nouvelle est-elleAbord fi mal accueillie ? c’est que route vérité de certeeípéce contredit toujours quelque opinion gênerais-