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Tome troisième.
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hon? Si Jupiter prenoit encore en main 1er balancesavec lesquelles il pefoit jadis les destinées des héros)s’il mettoit dans l’un des plateaux l’opinion d’unLocke, d’un Fontenelle, d’un Bayle, & de l’autrel’opinion des nations italiennes, françoises, espa-gnoles, &c. j le dernier des plateaux s’éléveroit commechargé de nul poids. La diversité & l’abfurdité desdifferens cultes prouvent le peu de cas qu’on doitfaire de l’opinion des peuples. La sagesse divine elle—même, parut dit l’Ecriturej Judaìsscandalum 3 gcn-tïbus Jlultitiam , scandale aux Juifs , folie aux yeuxdes nations. Je ne dois, en fait de religion, nul res-pect à l’opinion d’un peuple : c est à moi íeul queje dois compte de ma croyance. Tout ce qui se rap-porte immédiatement à Dieu ne doit avoir pour jugeque l’Etre íuprême. Le magistrat lui même, unique^-ment chargé du bonheur temporel des hommes, n’adroit de punir que les crimes commis contre la so-ciété. Nul prince, nul prêtre, ne peur poursuivre enmoi la prétendue faute de ne pas penser comme lui.

Par quel motif la loi défendrcit elle à mon voisin dedisposer de mon bien , & lui permettroit-elle de dis-puter de ma raison & de mon ame ? mon ame est moiibien. G’est de la nature que je tiens le droit de penser 8cde dire ce que je pense. Lorsque les premiers chrétiensexposèrent aux nations & leur croyance , & les motifsde cette croyance, lorsqu’ils mirent le Gentil ì portéede juger entre fa religion & la leur, & de taire ut âged’une raison donnée à l’homme pour distinguer le vice

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