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DEL
HOMME.
Le soin du prêtre fut toujours d’eloigner la véritédu regard des hommes. Toute lecture instructive leurest interdite. Le prêtre s’enferme avec eux «fans unechambre obscure & ne s’y occupe qu’à boucher lescrevasses par lesquelles la lumière pourroit entrer. IIhait & il haïra toujours le philosophe. II craindratoujours que des hommes éclairés ne renversent unempire fondé sur Terreur & Taveuglement.
Sans amour pour les talens, il est Tennemi secretdes vertus humaines. Le prêtre en nie souvent jusqu’àl’existence. II n est à ses yeux «factions vertueuses queles actions conformes à fa doctrine , c’est à-dire à sesintérêts. Les premières des vertus font la foi & lafoumistìon au sacerdoce : ce n est qu a ses esclavesqu’il accorde le nom de saints & d’hommes de bien.
■ Quoi cependant de plus distinct que les idées devertu & de sainteté’ Celui-là est vertueux qui fait lebien de les concitoyens. Le mot vertu, renfermetoujours Tidèe de quelque utilité publique. II n’enest pas de même du mot sainteté. Un hermite, unmoine s’impose la loi du silence, se fesse toutes lesnuits , se nourrit de légumes cuites à seau, dort furla paille ,, offre à Dieu fa mal-propreté & son igno-rance ; il peut à force de macérations faire fortuneen paradis ; on peut le décorer de Tauréole; mais s iln’a fait aucun bien fur la terre, il n’est pas honnête.Un scélérat se convertit à la mort, il est sauvé, il estbienheureux; mais il n’est pas vertueux. On ne mé-rite ce nom que par une conduite habituellement justeôc noble.