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Tome troisième.
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ouvert enfin les yeux de ces peuples. Us sentent quel*liberté de penser est de droit naturel ; que penser pro-duit le besoin de communiquer ses pensées , & quedans un peuple, comme dans un particulier, l’indìf-fétence à cet égard est un signe de stupidité.

Qui n’éprouve pas le besoin de penser , ne pensepas. 11 en est de l’esprit comme du corps : ne fait-onpoint usage de leurs facultés , on devient impotentde corps Sc d’eíprit. Lorsque l intolérance a comprimél ame des citoyens , lorsqu’elle en a détruit le ressort,alors l’espric de vertige & d’aveuglement se répand surune nation.

Le toucher de Midas, disent les poètes, changeoittout en or : la tête de Méduse transformoit tout enpierres : l’intclérance transforme pareillement en hy-pocrites, en foux, en idiots (76), tout ce qui se trouvedans l’armosphère de sa puiílance. C’est elle qui dansl’orient porta ces premiers germes de stupidité qu ydéveloppa depuis le despotisme. C’est l’intolérancequi condamne au mépris de l’univers présent Sc àvenir, toutes ces contrées superstitieuses dont ks habi-tans paroilsont réellement plutôt appartenir à la claíïedes brutes qu a celle des hommes.

11 n'est qu’un cas où la tolérance puistè devenirfuneste à une nation , c’est lorsqu’elle tolère une reli-gion intolérante; telle est la catholique (a). Cette

(a) Saas la puissance des princes catholiques, les pa-pistes, aussi stupides & peut-être plus intolérans que lesjuifs, tomberoient dans le même mépris.