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Tome troisième.
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DE L' H O M M E. 389

crouveroit à cet égard entre les hommes , n’auroit en-core aucune influence fur leur esprit.

En effet qu’on suppose le sentiment de l’amour desoi plus vif dans l’un que dans l’autre ; ce sentimentcomme l’expérience le prouve, n’en seroit pas moinségalement habituel dans eux. Or si tours supérioritéd’esprit dépend moins d’une attention vive que d’uneattention habituelle (a ), il est évident que dans cette

( a) Ilorsqu’il s’agit d’esprit, le lecteur , pour bien saisirmes idées, doit rappeler à fa mémoire que l’esprit est leproduit de l’attention, & l’attention celui cl’u ne passionquelconque, & sur-tout celle de la gloire. Qu’en vain lehasard ou l’éducation nous offriroit dans une lecture, uneconversation, &c. des objets de la comparaison desquels. il pût résulter des idées nouvelles ; que ces objets seroientpour nous des semences stériles, si l’attention ne les fé-condoit, c’est-à-dire, si nous n’avions un intérêt, un désirvif de les comparer, & d’obferver les ressemblances &les différences, les convenances 8c les disccnvenancesque ces objets ont entre eux & avec nous.

Si l’on dit souvent du grand-homme qu’il est fils du mal-heur, c’est qu’en général toujours occupé de s’y sous-traire , l’homme est alors forcé de penser & de réfléchir.II est donc toujours ce que le fait la position où il se trouve.Mais l'adversité est-elle si salutaire qu’on le dît? oui ; dansla première jeunesse, lorfqu’on peut encore contracterl’habitude de penser 8c de réfléchir. Cet âge passé, lemalheur afflige l’homme & l’éclaire peu. U infortune , dîtle proverbe écossois , est saine a déjeuner , indifférente a dir.cr& mortelle d souper. D’ailleurs l’adversité n’excite souventen nous qu’une effervescence vive & momentanée, parcs

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