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Tome troisième.
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406 D £ l' h o m m e.

40. Le fort & le méchant, dit un poëte anglois, n»redoute qu'un plus fort 8c plus méchant que lui. Mais lejuste 8c le vertueux doit redouter tous les hommes : il atous ses concitoyens pour persécuteurs : jusqu’à ses amis,tout l'attaque. Sa vertu les affranchit de la crainte de favengeance. Son humanité équivaut en lui à foiblesse : 8cdans un gouvernement vicieux, le bon 8c le foible fontnés victimes du méchant 8c du fort.

41. Lin mylord débarque en Italie, parcourt les cam-pagnes de Rome , 8c s’embarque brusquement pour l’An-gleterre. Pourquoi, lui dit-on, quittez-vous ce beau pays ?

« Je n’y puis, répond-il, soutenir plus long-temps le» spectacle du malheur des paysans romains ; leur misère« me déchire : ils n'ont plus face humaine ». Ce feignentexagérois peut-être; mais il ne mentoit pas.

41. Le meurtre de Clitus fut la honte d’Alexandre, 8cle supplice du gazetier hollandois, celle du ministère fran-çois. Le crime de ces deux infortunés fut le même : tousdeux eurent ^imprudence d’être vrais. L'on s'indigna dansle siècle dernier du traitement fait au gazetier. Il est dessiècles encore plus vils , où le supplice de l'homme vraitrouveroit des approbateurs.

43. S'attendrit-on fur le fort de ce gazetier ; compare-?t-on le crime au châtiment; l'on se croît transporté chezce sultan des Indes qui fait pendre son visir pour avoirmis trois grains de poivre dans une tarte à la crème. Peus'en est fallu que l’illustre 8c malheureux de la Chalotaisn’ait subi le même sort, pour avoir pareillement mis troisgrains de sel dans une lettre écrite, dit-on, à un contrô-?leur-général.

44. En France , pourquoi n’oseroit-on mettre la frivo-lité des grands fur la scène ? c'est que des comédies decette espèce opéreraient, dira-t-qn, peu de conversions ;