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mande. On n’a de caractère que dans les pays libres. LesAnglois en ont un. Les Orientaux n’en ont point. La crainte&: la bassesse l'étouffent en eux.
50. Le gouvernement défend-il d’imprimer fur les ma-tières d’administration; il fait vœu d'aveugîement 3 & cevœu est assez commun. « Tant que mes finances seront« bien régies, & mes armées bien disciplinées, diloit un« grand prince , écrira qui voudra contre ma discipline &« mon administration. Mais si je négligeois l'un ou l’autre,» qui fait si je n’aurois pas la foibleffe d'imposer silence» aux écrivains ? »
51. Entre-t-on au ministère; ce n’est plus le temps dese faire des principes, mais de les appliquer. Emporté parle courant des affaires } ce qu'on apprend alors ne fontque des détails toujours ignorés de quiconque n'est pointen place.
J 2 . Gêner la presse , c’est insulter une nation ; lui dé-fendre la lecture de certains livres , c’est la déclarer es-clave ou imbécille. Cette défense doit l’indigner. Mais,dira-t-on , c’est presque toujours d’après l’opinion despuissans , qu’elte approuve ou condamne un livre. Oui,dans le premier moment; mais ce premier jugement estnul : c’est le cri des intéressés pour ou contre. Le juge-ment vraiment intéressant pour un auteur, est le jugementréfléchi du public : il est presque toujours juste.
5Z. L’âge où l'on parvient aux grandes places est sou-vent celui où l’attention devient la plus pénible. A cetâge , qui me contraint d’étudier est mon ennemi. Je de-mande fa punition & désiré fa mort. Je veux bien par-donner aux poètes leurs beaux vers ; je puis les lire fansattention : m,;is je ne pardonne pointait moraliste ses bonsraisonnemens. L'importance des sujets qu'il traite m’o-blige de réfléchir. Combat-il mes préjugés ; il blesse mon