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orgueil, il m'arrache d’ailleurs à ma paresse : il me forceá penser. Or toute contrainte produit haine.
54. Le terreia du despotisme est fécond en misèrescomme en monstres. Le despotisme est un luxe de pouvoirinutile au bonheur du souverain. La seule idée de ce pou-voir eût fait frémir un Romain. II est l’effroi d’un Anglois.« Craignons , dit à ce sujet le juge Prat, que 1 ‘étude de» l'italien & du françois n’avilisse un peuple libre ».
Que font aux yeux d’un Anglois les grands de l’Eu-rope? des hommes qui joignent à la qualité d'esclavescelle d’oppresseurs des peuples : des citoyens que la loimême ne peut protéger contre l’homme en place. Ungrand n’est, en Portugal, propriétaire ni de fa vie, ni defc-s biens, ni de fa liberté. C’est un nègre domestique qui,fouetté par Perdre immédiat du maître, méprise le nègrede Phabitation fouetté par Perdre de Pintendant. Voilà ,dans presque toutes les cours de PEurope, Punique diffé-rence sensible entre l’humbls bourgeois & Porgueilleuxgrand seigneur.
yy. II faut ou ramper, ou s’éloigner de la cour. Qui nepeut vivre que de. ses grâces, doit être vil ou mourir defaim. Peu d hommes prennent ce dernier parti.
y6. Le feu roi de Prusse, à souper avec Pambassadeurd’Angleterre, lui demande ce qu’il pense des princes.~ En général., répond-il, ce font de mauvais sujets ; ils» font ignorans , ils font perdus par la flatterie. La feule» chose à laquelle ils réussissent, c’est à monter à cheval.» Audi de tous ceux qui les approchent, le cheval est le» seul qui ne les flatte point, & qui leur caste le col, s’íls» le gouvernent mal »,
y7. Plus un gouvernement est despotique, plus les âmesy fout avilies Sc dégradées, plus l’ons’y vante d’aimer son