Band 
Tome troisième.
Seite
413
JPEG-Download
 

DE í' H O M M E. 413

64. Les Saducéens étoient regardés comme les plus ver-tueux d’enrre les Juifs. En hébreu le mot Saduc est syno-nyme de juste. Aussi cts Saducéens étoient-ils, & devoient-ils être moins haïs de Dieu que les Pharisiens. Ces derniersdemandoient la mort & le sang de Jésus Christ, r l’incré-duHté est & sera toujours moins contraire à l’esprit del’évangile que l'inhumanité & le déicide.

65. A la honte de laFrance, Rousseau n’a pas été moinsPersécuté à Paris qu'à Neufchátel. Les sorbonistes ne pou-voient lui pardonner son dialogue du raisonneur & dsl’inspiré.Cí dialogue ,d:soient-ils, est trop Fort. Qu’y ré-pondre ? Mais les raisonnemens de Rousseau étoient vraisou ils étoient faux. Réfuter par la force , de bons raison-nemens j c'est injustice : en réfuter de faux par la violence ,c’est folie. C'est avouer fa stupidité ; c’est décrier fa proprecause. Les sophismes se réfutent d'eux-mêmes. La véritéest facile à défendre.

D'ailleurs quelles sont les objections de Rousseau ?celles que tout bonze , dervis, mandarin fait au moinequi veut le convertir. Ces objections sont elles insolubles ?qu’est-ce que les moines vont faire à la Chine ? pourquoidemandent-ils aux princes des biens . des aumônes , desgratifications pour subvenir aux frais d une mission où ilsne convertissent personne ? Mais les moines en parcou-rant l'orient n'ont d’autre objet que de s’enrichir par lecommerce ; ils réemploient les trésors que leur prodiguentles peuples , qu’à frustrer ces mêmes peuples du profitd'un commerce légitime. En ce cas quels justes reproches1. s nations n’ont elles pas à leur frire ? & quelles accu-sations peuvent ils porter contre Rousseau ? II a prêché,diront-ils , la religion naturelle. Mais elie n’est point con-traire à la révélée. Rousseau fut honnête dans ses criti-ques. II n’est point auteur de ces infâmes libelles intitulés ,gaiette ecclésiastique, cependant il fut banni 3í le nouvel-