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Tome troisième.
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414 de l’ h o m m e.

lifte est toléré. Quels furent donc tes juges, ô célèbreRousseau ? Des fanatiques qui flétriroient s'ils le pouvoientla mémoire des Marc-Aurele, des Antonio, des Tra;an ,& feraient un crime au plus grand prince de l’Europe dela supériorité de ses talens. Quels cas faire de tels juge-rnens ? aucun. En appeler à la postérité, & mépriser tousceux que la raison & f équité n'auront pas prononcés. Lapostérité juge les juges ; & les plus intolérans , s’ils n’entpoint été les plusfrippons, ont du moins toujours été lesplus stupides.

En butte aux cabales des prêtres, Rousseau est traitédans ce siècle comme Abélard le fut au douzième par lesmoines de S. Denis. 11 avoir nié que leur fondateur fûtce Denis l'Aréopagite cité dans le nouveau '■ estament.Dès ce moment on le déclare ennemi de la gloire & dela couronne de France. II est en conséquence flétri, per-sécuté , proscrit par les saints de son siècle.

Qui s’oppose aux prétentions d’un moine est un impie.De-là ces accusations de blasphème & d’athéisme deve-nues maintenant si puériles & si ridicules. J’espère, pourl’honneur de l’esprit humain, que les grands, les princes,les ministres & les magistrats rougiront un jour d'être lesvils instrumens de la fureur & des vengeances monacales.Ils craindront de rendre les exils & les punitions hono-rables par le mérite de ceux auxquels ils seront infligés.

Les Athéniens > pour assurer leur liberté, bannissaientquelquefois un citoyen trop illustre- La crainte d’un maîtreleur faisoit proscrire un grand - homme. Les nations del’Europe, à l’abri de ce danger, n’ont pas le même pré-texte pour commettre les mêmes injustices.

66. Cassiodore pensait comme saint Jean : la religion ,dit-il, ne peut être commandée; la force fait des hypo-crites & non des croyans : Religìo imperarì non potest , quianemo cogìturut credat. La foi, dit saint Bernard, doit être