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maux de ses semblables. Je puis me former une idéede mes cinq tens , & des organes qui les constituent ;mais j’avoue que je n’ai pas plus d’idee d’un tens mo-ral , que d’un éléphant & d’un château moral.
Se fervira-t-on encore long temps de ces mots videsde sens, qui ne préíentant aucune idée claire 8c dif-rinéte ( 7 ), devroienr être à jamais relégués dans lesécoles tlicologiques (a) ì Entend-on par ce mot de sensmoral , le sentiment de compassion éprouvé à la vued'u.n malheureux I- Mais pour compatir aux maux d’unhomme , il faut d’abord lavoir qu’il souffre, 8c pourcet effet avoir senti la douleur. Une compassion furparole en suppose encore la connoilsance. D’ailieursquels tour les maux auxquels en général on fe montrele plus lensible î Ce (ont ceux qu’on a foufferts le plusimpatiemment, & dont le souvenir en conléquenc®est le plus habituellement présent à notre mémoire.La compassion n est donc point en nous un sentimentinné.
Qu’éprouvai je à la présence d’un malheureux ? uneémotion forte. Qui la produit ? le souvenir des dou-tât la foi du lecteur, pour lui donner une supposition aussiabsurde, qui d ailleurs n’explique rien qu’on'ne puisseexpliquer fans elle.
(a) Le sens moral me paroît un de ces êtres métaphy-siques ou moraux qu’on ne devroit jamais citer dans unlivre de philosophie. On les a quelquefois introduits dansla comédie italienne, encore en refroidissoient-ils faction.On les supporte à peine dans les prologues.
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